Communication

Des enherbements pour soutenir la lutte biologique en verger d’agrumes

Session thématique #03
Ressources biotiques et abiotiques : quelle gestion coordonnée de ces ressources et quelle contribution des outils et modèles dans les démarches de conception et évaluation de systèmes multi-performants ?
Illustration de la communication
Communication orale

Co-auteurs : Fabrice Le Bellec 1, Rose-My Payet 1, René-Claude Judith 1 

Les agrumes sont la cible de ravageurs qui peuvent nuire à la santé du verger. Pour y faire face, les producteurs opèrent à une protection phytosanitaire intégrée dont les objectifs visent à utiliser les pesticides en derniers recours. Ces principes, combinées à l’augmentation, en quantité et en qualité, des habitats semi-naturels au sein des vergers permettraient d’augmenter l’efficacité de la lutte biologique et donc de diminuer l’usage de ces pesticides.

Le projet AGRUM’AIDE a visé ces objectifs en souhaitant optimiser la fonctionnalité des enherbements spontanés pour qu’ils deviennent de véritables habitats utiles aux auxiliaires du verger. Pour atteindre ces objectifs, nous avons associé les producteurs pour construire ensemble des tactiques de gestion de cet habitat visant le service écosystémique de régulation des bioagresseurs mais recherchant également d’autres fonctions sur la préservation du sol (lutte contre l’érosion, effet tampon sur la température, l’évapotranspiration…).

Pour cela nous avons entrepris différentes expérimentations en milieux réel et contrôlé pour acquérir des connaissances sur la fonctionnalité de cet habitat et valider le principal service écosystémique visé. Nos travaux ont permis de montrer qu’une approche fonctionnelle (étude des traits fonctionnels des espèces végétales de la flore spontanée) permettait de prédire la composition des enherbements en fonction de différents modes de gestion.

Des pratiques culturales adaptées - comme par exemple un fauchage différencié dans le temps et dans l’espace des enherbements -  permettent donc de supprimer ou de favoriser des espèces végétales de ces communautés. De même, ces pratiques, lorsqu’elles permettent à la flore spontanée de s’exprimer pleinement - comme par exemple fleurir - conduisent à une diversité floristique permettant de porter en abondance des traits fonctionnels propices à la fourniture de nourriture aux auxiliaires que nous avons étudiés (coccinelles et phytoséiides). Cependant, des compromis de gestion de ces enherbements doivent être recherchés notamment lorsqu’ ils entrent en compétition pour l’eau avec le système cultivé ; en découle dès lors l’établissement de règles de décision pour mieux piloter ces dispositifs. 

1 Cirad-HortSys, Campus international de Baillarguet, Montpellier